Bataille
Bataille d'Audenarde (1708)

Un nouveau triomphe pour le duc de Marlborough.

Bataille d'Audenarde (1708)

Informations sur la bataille

Localisation
  • Audenarde
Date de début
11 juillet 1708
Conflit
  • Guerre de succession d'Espagne (1702-1713)
Parties belligérantes
France
  • Grande-Bretagne
  • République des Sept Provinces-Unies des Pays-Bas
  • Autriche
  • Prusse
  • Hannovre
  • Hesse-Cassel
  • Danemark
Forces en présence
  • ca. 95.000
  • 121 bataillons
  • 197 escadrons
  • ca. 80.000
  • 112 bataillons
  • 180 escadrons
Victimes
  • ca. 6.000 tués-blessés
  • ca. 9.000 prisonniers
ca. 3.000 tués-blessés
Chefs des armées
  • Duc de Bourgogne
  • Duc de Vendôme
  • John Churchill, duc de Marlborough
  • Prince Eugène de Savoie
  • Hendrik van Nassau-Ouwerkerk

Synopsis

Lors de la guerre de succession d’Espagne, opposant la France à différentes nations européennes (1702-1713), nos régions sont le théâtre de nombreux sièges et affrontements. Informé que les Français, menés par Louis-Joseph de Bourbon, duc de Bourgogne et Louis de France, duc de Vendôme, se sont emparés le 5 juillet 1708 de Gand et de Bruges, John Churchill, duc de Marlborough et commandant en chef de la Grand Alliance (contre la France), décide de les empêcher d’assiéger Audenarde.

Prenant de vitesse l’armée ennemie, il se porte d’abord vers Lessines le 10 juillet et ordonne alors au général-major William Cadogan, son bras droit, de s’avancer le lendemain à marche forcée vers Audenarde et d’y établir des ponts sur l’Escaut pour le passage de l’armée. Décontenancés par la prise de Lessines, Bourgogne et Vendôme choisissent de franchir le fleuve à hauteur de Gavre et, le lendemain 11 juillet, se mettent en marche vers les hauteurs du village de Huysse.

À la tête de 16 bataillons et 8 escadrons, Cadogan établit au matin du 11 juillet des pontons sur l’Escaut. Informé de sa présence, le lieutenant-général de Biron, commandant de l'avant-garde française, le signale au duc de Vendôme mais les Français, dans un premier temps, par ignorance ou méfiance, n’interviennent pas directement, perdant une occasion unique de détruire cette tête de pont ennemie.

Disposition des forces pendant la Bataille d'Audenarde

Une profonde mésentente régnant entre les deux chefs de l’armée française, un temps précieux est inutilement perdu en tergiversations.

Vers deux heures de l’après-midi, les premières troupes de Marlborough franchissent le fleuve. Cadogan attaque alors avec succès les villages d’Eyne et de Heurne, importantes positions de l’aile gauche française, défendus par le comte de Biron. Le duc de Vendôme fait placer de l’artillerie près du village de Mullem et requiert l’engagement général des troupes françaises.

Vers trois heures de l’après-midi, le duc de Bourgogne consent enfin à livrer bataille, mais il est trop tard; nombre de régiments de Marlborough ont déjà franchi l’Escaut. Commettant une grave erreur, les unités françaises quittent les hauteurs sûres de Huysse et se massent entre les hameaux de Herlyem, de Schaerken, le ruisseau Diepenbeek, les villages d’Ooike, de Lede et le moulin de Rooigem. Vendôme, se plaçant lui-même à la tête de ses hommes, tente de refouler les ennemis, mais en vain. Remarquant une position stratégique inoccupée, Marlborough ordonne au maréchal néerlandais Van Ouwerkerke de s’emparer de la hauteur d’Ooike et de tourner les Français. Le prince Eugène de Savoie, commandant l’aile droite alliée, lance également le Prussien Natzmer et ses escadrons. La manœuvre réussit et plonge dans la confusion toute l’armée française, bientôt menacée d’encerclement. La lutte est des plus intenses.

Vers huit heures et demie du soir, l’obscurité croissante fait toutefois cesser le combat et permet aux Français de se sauver dans une extrême confusion, les ducs de Bourgogne et de Vendôme se repliant vers Gand. La victoire d’Audenarde permet aux coalisés de reprendre l’avantage en Flandre et de s’emparer en décembre 1708 de l’importante place de Lille.

 

Auteur: Alain Tripnaux, historien, président de l'ASBL Le Tricorne.

 

Littérature

  • DAVENPORT-ADAMS William Henry, Memorable battles in English history with lives of the commanders, Vol. II, London: Griffith and Farran, 1879.
  • Leben und Denkwürdigkeiten, im zwei theilen, Leipzig: Weidmann’Sche Buchhandlung, 1834.
  • Oudenaarde 1708, een stad, een koning, een veldheer, Louvain: Davidsfonds, Stad Oudenaarde, 2008.