Bataille
Bataille de Gavre (1453)

La fin du soulèvement de Gand.

Bataille de Gavre (1453)

Informations sur la bataille

Localisation
  • Semmerzake
Date de début
23 juillet 1453
Conflit
  • Révolte de Gand (1449-1453)
Parties belligérantes
Duché de Bourgogne
Ville de Gand
Forces en présence
ca. 30 000
30 000 - 40 000 (probablement moins)
Victimes
Quelques centaines
ca. 15 000
Chefs des armées
  • Philippe le Bon
  • Louis de Gruuthuse

Synopsis

En 1449, Gand se révolte contre Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui possède également le titre de comte de Flandre. La ville n’accepte plus les lourds impôts auxquels elle est soumise. Le duc tente de trouver une solution par la négociation, mais, en 1452, une réponse militaire semble la seule issue possible. Le 18 juin 1453, l’armée du duc de Bourgogne envahit le comté de Flandre.

Afin d’éviter une attaque directe de Gand et pour empêcher l’approvisionnement de la ville par la Lys, l’Escaut et la Dendre, Philippe le Bon commence par attaquer trois châteaux comtaux : Schendelbeke, Poeke et Gavre. L’armée ducale, essentiellement composée de mercenaires de Picardie, d’Artois et du Hainaut, a vite fait de prendre les châteaux de Schendelbeke et de Poeke. La conquête se déroule dans un bain de sang ; les défenseurs qui échappent au massacre sont pendus haut et court.

Le siège du château de Gavre, non loin de Gand, débute le 18 juillet. L’encerclement du château est préféré à l’attaque directe. Philippe le Bon espère entraîner les Gantois dans une bataille en plaine, ce qui profiterait aux Bourguignons. Gand ne vient toutefois pas au secours du château, mais ouvre les écluses pour inonder les terrains situés en contrebas de la ville ; cette manœuvre n’a cependant que peu ou pas d’effet vu la sécheresse de l’été.

John Fox, le capitaine de seize archers anglais qui aident à défendre le château de Gavre, fait basculer la situation. Il passe dans le camp bourguignon et conclut un accord : pour obtenir sa libération avec ses mercenaires anglais, il est prêt à provoquer une attaque gantoise. Philippe le Bon est d’accord. Fox « s’échappe » et va raconter aux Gantois que le duc et ses troupes ont attaqué le château de Gavre. Le subterfuge produit l’effet escompté : les Gantois partent au combat. Tous les hommes en bonne santé entre vingt et soixante ans sont mobilisés. Des sources d’époque évoquent une force de trente à quarante mille combattants, mais le nombre réel est beaucoup moins important. La garnison de Gavre, ou ce qu’il en reste, s’est entretemps rendue aux Bourguignons. Les malheureux sont également pendus.

Philippe le Bon.

Après une marche de trois heures sous un soleil écrasant, les milices civiles gantoises sont confrontées à des chevaliers aguerris. Du haut d’une colline, Philippe le Bon voit l’armée gantoise qui approche. John Fox, qui se trouve dans les toutes premières lignes, se rue vers les Bourguignons … qui l’accueillent à bras ouverts. Les Gantois comprennent qu’ils ont été pris au piège.

Le 23 juillet, un peu après midi, la bataille est lancée autour du château. Les combats d’artillerie ne font pas basculer la situation ; une première attaque de la cavalerie bourguignonne est repoussée. Les actions ne sont pas directement décisives, l’avantage passant d’un camp à l’autre. Le duc de Bourgogne commence même à se faire du souci. Un incident dramatique va faire pencher la balance.

Selon Olivier de La Marche, chroniqueur de la cour de Bourgogne, le convoi de poudre gantois s’embrase soudainement, probablement à cause d’une étincelle perdue. S’ensuit une énorme explosion qui ne trouve son égal que dans le chaos qu’elle provoque. Les Gantois sont persuadés que tout est perdu, la panique se propage dans les rangs et une majorité d’hommes s’enfuit. Philippe le Bon profite du désordre pour ordonner une attaque massive, ce qui coûte la vie à des centaines de soldats.

L’unité d’élite gantoise, forte de mille à deux mille hommes, tient cependant bon, ce qui permet à une partie de l’armée de se retirer vers la ville. Un jour plus tard, les Gantois se rendent. Les habitants, pieds nus et habillés d’une simple chemise, demandent le pardon. Le duc épargne la ville ; la révolte gantoise est matée.

 

Littérature

  • De SMET Antoine, De Slag bij Gavere 23 juli 1453, Gavere: V.V.V. ’t Gaverland, 2003.
  • De VOS Luc, Veldslagen in de Lage Landen, Louvain: Uitgeverij Davidsfonds, 1995.
  • DE VRIES Kelly, “Battle of Gavere”, in: CLIFFORD J. Rogers, The Oxford Encyclopedia of Medieval Warfare and Military Technology, vol. 2, Oxford: Oxford University Press, 2010, pp. 148-149.
  • HAEMERS Jelle, De Gentse Opstand 1449-1453. De strijd tussen rivaliserende netwerken om het stedelijk kapitaal, Heule: UGA, 2004.
  • GEVAERT Marc, Slagveld van Europa. Duizend jaar oorlog in de Zuidelijke Nederlanden, Roulers: Globe, 2007.