Informations sur la bataille
- Rocourt
- Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748)
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France
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| Forces en présence |
120 000
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90 000
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| Victimes |
3000 à 5000
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6000 à 10 000
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| Chefs des armées |
Comte Maurice de Saxe
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Prince Charles de Lorraine
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Synopsis
Cette bataille s’inscrit dans le contexte de la difficile succession d’Autriche après la mort de l’empereur Charles VI le 19 octobre 1740. L’avènement de sa fille Marie-Thérèse crée des remous. Certains souverains européens considèrent qu’ils peuvent faire valoir leurs droits au trône autrichien tandis que d’autres pensent pouvoir tirer parti de la faiblesse présumée d’une femme aux rênes de l’Empire. Deux coalitions s’opposent : du côté des alliés de Marie-Thérèse, la Grande-Bretagne et la République des Provinces-Unies, entre autres ; du côté des opposants, la France, l’Espagne, la Prusse, la Saxe et la Bavière. Les tensions débouchent sur la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), dont le principal théâtre d’opération, au cours des premières années, sera l’Europe centrale.
En mai 1744, le roi Louis XIV décide d’envahir les Pays-Bas autrichiens. À la demande des Hollandais inquiétés par l’avancée française, Marie-Thérèse envoie le prince autrichien Charles de Lorraine leur porter secours.
À la fin de l’été 1746, après plusieurs confrontations, l’armée français sous le commandement du comte Maurice de Saxe, maréchal de France, a conquis l’ensemble du territoire des Pays-Bas autrichiens, à l’exception du Luxembourg et de la Gueldre. Les coalisés se replient vers la principauté de Liège, en terrain neutre.
Après plusieurs tentatives de pousser les Français à se battre, c’est en installant son campement entre Tongres et Liège que Charles de Lorraine permet à de Saxe de l’attaquer.
Ainsi, le 11 octobre, à Rocourt (ou Rocoux, Raucoux, anciens noms de Rocourt), leurs infanteries s’affrontent.
© Jean de Beaurain, Public domain, via Wikimedia Commons
Le champ de bataille tient entre deux cours d’eau, la Meuse au sud, à Liège, et le Geer au nord, vers Tongres.
Le 10 octobre, l’armée du maréchal de Saxe traverse le Geer à son tour et installe ses camps à Glons, près du Geer (prince de Clermont-Gallerande), à Othée et Xhendremael au milieu (de Saxe, vicomte de Duchaila et le général de Contades), et à Bierset vers Liège (comte de Clermont et comte d’Estrées). L’adversaire est du nord au sud à Houtain-Saint-Siméon, Milmort et au faubourg Ste-Marguerite.
Autour du village de Rocourt, se trouvent ainsi à l’est la coalition entre les troupes Anglo-Austro-hanovriennes de Charles et les Hollandais du prince de Waldeck, composée de 90 000 hommes, à l’ouest l’immense armée du maréchal de Saxe, semble-t-il au nombre 120 000 hommes.
Le 11 octobre tôt le matin, les armées sont avancées. Du côté français, le maréchal est au centre, près de Lantin, le comte de Clermont et le comte d’Estrées à droite, près de Ans, le prince de Clermont-Gallerande à gauche près de Liers et du Geer. Du côté des coalisés, le prince Charles de Lorraine, avec ses Anglo-Hanovriens et Hessois, occupe le centre à Rocourt, Voroux-Lez-Liers et Liers, les Hollandais du prince de Waldeck sont à gauche près de Ans, les Autrichiens à droite entre Liers et le Geer.
Le déploiement allié profite d’un terrain en sa faveur, il tient les villages, mais il s’étire trop pour peu d’épaisseur. Contre cette armée, le maréchal de Saxe a prévu de laisser ses seconds commander les ailes avec beaucoup de latitude ; c’est une telle exception pour l’époque qu’elle déstabilise ses chefs de guerre.
La brume recouvre la zone détrempée et parsemée d’obstacles naturels.
À onze heures, les colonnes sont à portée de canon et les tirs d’artillerie commencent alors. L’après-midi, la droite française attaque en premier, suivie peu après du centre. Le comte d’Estrées prend les Hollandais de côté et par derrière alors que le comte de Clermont le soutient ; ils repoussent leurs adversaires de Ans qui contrattaqueront puis qui se replieront vers leurs redoutes entre Ans et Rocourt.
Pendant ces actions, le maréchal attaque au centre Voroux-Lez-Liers et Rocourt avec 20 à 30 000 hommes qui s’en emparent. Du côté hollandais, le prince de Waldeck a usé ses réserves, il reçoit des renforts du prince de Lorraine, mais le centre du champ de bataille ayant été pris, son flanc droit est menacé et il devra donc reculer encore.
Au nord, un ravin sépare les combattants depuis le Geer presque jusque Liers, dont doit s’emparer Clermont-Gallerande, mais celui-ci a du retard et les coalisés abandonnent seulement Liers après la perte de Voroux-Lez-Liers et Rocourt.
© Pierre-Nicolas Lenfant, Public domain, via Wikimedia Commons
Avec la tombée de la nuit, la bataille s’arrête sur la retraite des alliés ; les Français sont victorieux sans que la cavalerie du centre, commandée par le maréchal de Saxe, ne doive intervenir, ni même plusieurs troupes de réserve. L’armée des coalisés rentre au Camp de César au-delà d’Houtain-Saint-Siméon, le lendemain elle recule derrière la Meuse. Le maréchal ne poursuit pas les vaincus et son armée dort sur le champ de bataille.
Du côté coalisé, ce sont 6 à 10 000 mille victimes (morts, blessés ou prisonniers), du côté français entre 3 à 5000 mille.
Ce succès militaire s’ajoute aux autres, renforçant la position de Louis XV qui compte dessus pour obtenir la paix.
Dans la même optique, le 17 avril 1747, Louis XV attaquera les Provinces-Unies avec vingt mille hommes, et son armée enchaîne les victoires contre une faible résistance. La panique et les défaites militaires des Hollandais provoqueront une révolution orangiste qui oblige l’élection de Guillaume IV d’Orange comme stathouder. Le 16 septembre, les Français prendront Berg-op-Zoom, une place forte qu’on pensait imprenable. Quelques mois plus tôt, le 2 juillet 1747, de Saxe a déjà vaincu les armées alliées lors de la bataille de Lauffeld, mais il a omis d'occuper ensuite Maastricht, située à proximité.
C’est en avril 1748 que les discussions pour la paix souhaitée par chaque camp hormis la République des Provinces-Unies commenceront à Aix-la-Chapelle. Au même moment, le maréchal de Saxe parviendra enfin à s’emparer de Maastricht pour pousser le stathouder Guillaume IV à envisager de négocier. Les Anglais sont favorables à une paix car ils craignent que la France ne conquière les Provinces-Unies.
Le 18 octobre 1748, le Traité d’Aix-la-Chapelle proclamera une trêve entre la France, les Provinces-Unies et l’Angleterre. Le reste des signatures suivront de quelques jours. Puisque les accords promulguent le retour à la situation d’avant-guerre, la France rend le territoire des Pays-Bas autrichiens et l’impératrice-reine Marie-Thérèse règne sur l’Autriche, la Bohême et la Hongrie. La Prusse, toutefois, gagne la Silésie.
Auteur : Thibault Heusse
Littérature
Sources :
L’utilisation de cartes militaires françaises pour visualiser le terrain et les actions a encouragé une narration de la bataille du point de vue de ce camp, néanmoins les informations données ici respectent celles des travaux historiques consultés.
- Bataille de Rocourt gagnée par les Troupes du Roy sous Mgr. le Maréchal de Saxe le 11 8bre 1746. Dessinée sur les lieux par un Officier du Regimt. de La Marck, carte, 1746, 465 x 310, Paris, Bibliothèque Nationale de France – Département Cartes et plans, [en ligne], https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8493088t/f1.item
- DE BEAURAIN Jean, Plan du champ de bataille de Roccoux ou l'armée du roy sous les ordres de S.A.S. M. le maréchal comte de Saxe a remporté la victoire sur celle des alliés commandée par S.A.S. M. le prince Charles de Lorraine, le 11 octobre 1746 / par le Chr. de Beaurain, carte, 1746, 40 x 52,5 cm, Paris, Bibliothèque Nationale de France – Département cartes et plans, [en ligne], https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530413250/f1.item.zoom#
- GUéLARD Jean-Baptiste, BROUARD (Sieur), Vue de la bataille de Raucoux gagné par l'Armée du Roy commandé par M.gr le M.al de Saxe le 11 octob. 1746, estampe, Paris, Bibliothèque Nationale de France, [en ligne], https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8409106p/f1.item.zoom
- LE ROUGE Georges-Louis, Bataille // de Rocoux // le 11. Octobre 1746 : Dédié et Presenté // à S.A.S. Maurice // de Saxe. // Par son tres humble et // très obeissant serviteur // Le Rouge : [estampe] / [non identifié], estampe, 1746, 50,2 x 59,3 cm, Paris, Bibliothèque Nationale de France, [en ligne], https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6947366x/f1.item.zoom#
- VAN BLARENBERGHE Louis Nicolas, La bataille de Rocoux ; 11 octobre 1746, gouache sur vélin collé en plein sur un carton, 1784, 0,605 x 0,961 m, Versailles, Musée des Châteaux de Versailles et de Trianon, INV 19359, Recto. Disponible en ligne : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl020109479
Travaux :
- ALLAIN Thierry, NIJENHUIS-BESCHER Andreas, THOMAS Romain, Les Provinces-Unies à l'époque moderne – De la Révolte à la République batave, Paris : Armand Colin, 2019 (collection U Histoire), p. 90-93
- ANTOINE Michel, Louis XV, Paris : Fayard, 1999, p. 396-400
- DENYS Catherine, PARESYS Isabelle, Les Anciens Pays-Bas à l'Époque Moderne, 1404-1815 : Belgique, France du Nord Pays-Bas, 2e édition mise à jour, ellipses, 2016
- DE SEYN Eugène, Dictionnaire Historique et Géographique des communes belges, troisième édition, augmentée et mise à jour, t.1 et 2, Turnhout : Brepols, 1948
- HASQUIN Hervé, NARMON François, La Belgique autrichienne, 1713-1794 : les Pays-Bas méridionaux sous les Habsbourg d'Autriche, Bruxelles : Crédit Communal, 1987, p. 93
- HéLIE Jérôme, Petit Atlas historique des Temps modernes, 3e édition, Paris : Armand Colin, 2016, p. 130-131
- JOURDAIN Auguste (éd.), Dictionnaire encyclopédique de géographie historique du royaume de Belgique, v.1 et 2, Bruxelles : Bruylant-Christophe et Cie, 1896
- LAMBOTTE Miguel, La Bataille de Rocourt : 1746, Liège : Editions du CEFAL : Province de Liège, 2000
- PETITFILS Jean-Christian, Louis XV, Paris : Perrin, 2014, p. 420-444
- PIRENNE Henri, Histoire de Belgique – Des origines à nos jours, t.3, La Renaissance du livre, 1973, p. 329-331