Bataille
Bataille de Hannut (1940)

La première bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale!

Bataille de Hannut (1940)

Informations sur la bataille

Localisation
  • Hannut, Crehen, Jandrain, Jandrenouille, Orp-Jauche, Merdorp, Thisnes
Date de début
12, 13 et 14 mai 1940
Conflit
  • Seconde Guerre mondiale
Parties belligérantes
France
Allemagne
Forces en présence
  • 20.800 hommes
  • 415 blindés
  • 140 avions de chasse
  • 25.927 hommes
  • 655 blindés
  • 350 bombardiers en piqué
  • 130 avions de chasse
Victimes
Ca. 170 blindés
Ca. 220-240 blindés mais une partie est réparée après les combats.
Chefs des armées
  • René Prioux
  • Gabriel Bougrain
  • Jean Langlois
  • Erich Hoepner
  • Horst Stumpf
  • Johann Joachim Stever

Synopsis

Le 10 mai 1940, la Seconde Guerre mondiale débute pour la Belgique. Les troupes Allemandes envahissent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Afin d’attirer les troupes françaises loin des Ardennes, où la percée principale doit avoir lieu, le Heeresgruppe B (Groupe d'armées B) du général et futur maréchal von Bock progresse à travers la Belgique et les Pays-Bas. A sa tête, le XVI. Armeekorps (mot.) du général Hoepner et ses 3. et 4. Panzer-Divisionen (Pz-Div. – divisions blindées) commandées respectivement par le général-major Stumpf et le général-major Stever.

Dans le camp allié, l’attaque allemande en Belgique et aux Pays-Bas déclenche l’exécution de la manœuvre « Dyle-Bréda ». Celle-ci prévoit l’entrée des troupes françaises en Belgique et l’établissement d’une ligne de défense le long de la Dyle. La Ière Armée française du général Blanchard reçoit l’ordre de couvrir une zone de 35 km entre Wavre et Namur nommée « Trouée de Gembloux ». Pour couvrir son déploiement, Blanchard envoie dans la région d’Hannut son corps de cavalerie, commandé par le général Prioux. Ce corps est composé des 2e et 3e DLM (divisions légères mécaniques) renforcées de deux bataillons de mitrailleurs motorisés.   

Slag hannut Ill_3

Les 10, 11 et 12 mai, des accrochages opposent les éléments de reconnaissance français et les avant-gardes allemandes entre Liège et Namur. Le 12 mai, vers 07h30, la 4. Pz-Div. prend la ville de Hannut, évacuée par les Français. Les Allemands poussent ensuite vers Crehen, où ils rencontrent des chars français, qui, après de durs combats, évacuent la localité pour se replier vers Jandrain-Jandrenouille et Merdorp. Alors que la nuit tombe, les chars allemands qui se dirigent vers Merdorp sont attaqués à Thisnes par deux pelotons de chars Somua S-35 français. Thisnes est prise par les Allemands dans la soirée.

Le lendemain, la 2e DLM française déploie une trentaine de chars Somua dans un raid sur Thisnes. S’ils détruisent quelques engins allemands sur leur chemin, les chars français se heurtent à des canons de Flak de 88 mm embusqués à hauteur de Crehen. Les chars français subissent des pertes et sont arrêtés. En fin de matinée, les 35ième, 61ième et 269ième divisons d’infantérie vont littéralement clouer la 2e DLM au sud de la Mehaigne, laissant le général Hoepner concentrer ses deux divisions blindées contre la seule 3e DLM à l’ouest de Hannut.

 

Slag Hannut Ill_2.jpg

Vers 11h, après un bombardement aérien des positions françaises, les deux divisions blindées allemandes passent à l’attaque. La 3. Pz-Div. du général Stumpf s’élance vers Orp-le-Grand et Marilles, alors que la 4. Pz-Div. avance au sud de Hannut en direction de Merdorp et Branchon. Des combats ont lieu à Marilles, à Orp-le-Petit et Jandrain, où les chars français sont submergés par les assaillants, non sans offrir une résistance acharnée.

De son côté, la 4. Pz-Div. est durement engagée à Merdorp par des chars français embusqués. Dans l’incapacité de s’opposer aux engins français mieux blindés et armés, les chars légers allemands poursuivent vers Branchon, alors que les chars français défendant Merdorp sont obligés de se replier sur Jandrenouille suite à l’action conjuguée des canons de 88mm et de l’infanterie allemande. Dans cette dernière localité, de violents combats ont également lieu.

Les chars français mènent alors une contre-attaque en direction de Jandrain depuis le village de Jauche. Arrivés en périphérie du village, ils malmènent les blindés allemands. Ces derniers, plus mobiles et plus nombreux obligent cependant les Français à se replier sur Jauche.

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Vers 15h30, la 3e DLM, éprouvée par l’attaque allemande, reçoit l’ordre de se replier sur Perwez. La 2e DLM, moins touchée, se replie quant à elle sur Perwez le lendemain matin. Le 14, elle mène des combats d’arrière-garde dans le secteur de Grand-Leez. Grâce à l’action des deux DLM, la Ière Armée française du général Blanchard a pu prendre position dans la « trouée de Gembloux » où elle mènera la bataille du même nom. La bataille de Hannut est donc un succès tactique pour le corps de cavalerie français qui a rempli sa mission tout en infligeant de lourdes pertes aux Allemands. Au niveau stratégique, ces derniers remportent cependant la partie en ayant attiré les meilleures unités françaises dans le centre de la Belgique, alors que leur véritable objectif sont les Ardennes belges et françaises. C’est en effet dans ce massif forestier que les Allemands vont percer les défenses françaises pour réaliser le coup de faucille qui prendra au piège les troupes belges, françaises et britanniques avancées en Belgique.

Auteur : Mathias André, Assistant-Doctorant à l'UNamur

  • BARBANSON Érik, Les 2e et 3e divisions légères mécaniques, t. 1 : Hannut-Gembloux 10-15 mai 1940 : la première bataille de chars de l’histoire, Toul : Arès, 2017.
  • BATTISTELLI Pier P., Panzer Divisions: The Blitzkrieg Years 1939-1940, Oxford: Osprey, 2007 (“Battle Orders”, 32).
  • GUNSBURG Jeffrey A., “The Battle of the Belgian Plain, 12-14 May 1940: The First Great Tank Battle”, in: The Journal of Military History, vol. 56, n°2, avril 1992, pp. 207-244.
  • HEALY Mark, Panzerwaffe, vol. 2: The Campaign in the West 1940, Hersham: Ian Allan Publishing, 2008.
  • LEGROS Hervé, Le couloir des invasions, Franière: Hervé Legros, 2019.
  • MAS Cédric, « La bataille d’Hannut : la cavalerie française "saignée à blanc" par les Panzer ! », in : Batailles & Blindés, n°41, février-mars 2011, pp. 48-59.
  • PALLUD Jean-Paul, Blitzkrieg à l’Ouest. Mai-Juin 1940, Bayeux: Heimdal, 2000.
  • SAINT-MARTIN Gérard, L’arme blindée française, t. 1 : Mai-juin 1940 ! Les blindés français dans la tourmente, Paris: Economica, 2e éd., 2011.
  • ZALOGA Steven J., Panzer III vs Somua S 35, Belgium 1940, Oxford : Osprey, 2014 (“Duel”, 63).
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